jeudi 26 janvier 2017




  PROPAGANDA / Cinema, animation =


Tres palabras sobre dibujos y la propaganda = 


..
.La Seconde Guerre eut un rôle essentiel dans l'essor du dessin animé de propagande, c'est un âge d’or du cinéma d’animation. 
A ce moment là, à la surface du globe, ce sont quatre-vingt douze millions de personnes qui sont mobilisées.

Pourquoi donc réaliser des films et à plus forte raison des dessins animés coûteux, qui prennent du temps, alors même que le Monde est en guerre ?.. 

En 1934, Goebbels, ministre de la Propagande et de la culture populaire de l’Allemagne nazie, disait déjà du cinéma -en général- qu'il est « l’un des moyens de manipulation des masses les plus modernes» et annonçait vouloir rivaliser avec la force de frappe des studios américains. Il déclarait qu'un bon film peut servir à « chasser l’ennui et les soucis », à divertir les populations au sens étymologique du terme, ce qu'il répéta encore dans un discours de novembre 1939, devant les représentants de l’organisation de loisirs La force par la joie (Kraft durch Freude). Il le dit encore devant la Chambre cinématographique du Reich, le 15 février 1941 et ajoute qu'il faut inculquer sans que cela soit par trop visible: "Le film n’est dans ce contexte pas seulement un moyen de distraire, c’est un moyen pour éduquer, … éduquer un peuple à faire valoir ses revendications vitales. Cela, le film peut le faire cependant aussi par le moyen du divertissement... Il est d’ailleurs tout à fait conseillé de dissimuler le rôle pédagogique (du cinéma), de ne pas le laisser apparaître au grand jour, d’agir selon le principe que l’intention ne doit pas être remarquée si l’on ne veut pas ennuyer... La meilleure propagande, ce n’est pas celle dans laquelle les véritables éléments de la propagande sont visibles, la meilleure propagande, c’est celle qui pour ainsi dire agit de manière invisible, qui imprègne toute la vie publique sans que les gens, d’aucune manière que ce soit, aient la moindre conscience qu’il s’agit d’une initiative propagandiste. » . Et Jean Giraudoux disait =.« La propagande est le contraire de l’artillerie: plus elle est lourde, moins elle porte. » . Le Reich réquisitionnera donc des moyens considérables pour soutenir par les films sa politique expansionniste et remporter la « guerre culturelle ». Par exemple: à ces fins des dessinateurs des pays occupés sont appelés en renfort. Durant toute la guerre, les dessinateurs vont être considérés si importants qu’ils seront dispensés de service militaire ou de travail obligatoire dans les usines et seront installés dans les locaux de l’ex-école juive de la Kaiserstrasse à Berlin ou dans d'autres ateliers dans les pays occupés ( y travailleront jusqu’à 500 animateurs).

  Malgré les efforts de leur Deutsche Zeichenfilm Gmbh, filière de l'UFA ou
Universum-Film AG, (née en 1917) , société chargée d'éclipser les studios Disney et de se hisser au niveau technique du « Blanche-Neige et les sept nains » (1937), les nazis ne combleront jamais leur retard. L’ambitieux programme ne parvint jamais à être réalisé et ne sortirent des studios allemands que les courts métrages suivants: « Armer Hansi »(de Gerhard Fieber, 1943), «Vom Bäumlein, das andere Blätter hat gewollt » (deTischmeyer, 1940) et « Der Störenfried » (de Hans Held,1940), « Fischerkoesen Verwitterte Melodie » (1943), « Der Schneemann »(1944) et « Das dumme Gänslein » (1944 encore), ou cet autre film réalisé à Prague par Horst von Möllendorf « Hochzeit im Korallenmeer. » Les USA et Hollywood l'emportèrent donc, que ce soit en ce qui concerne les films d'animation et aussi- nous le savons- pour ce qui est des films réalistes. 

  Pour discréditer ou ridiculiser un ennemi, Washington sait bien que la caricature est une arme politique formidable et que les cartoons peuvent véhiculer des messages clairs, rapides avec des personnages manichéens identifiables très rapidement. Au début de 1941, une commission sénatoriale américaine rédige un rapport sur le cinéma californien est-il patriotique, on peut y lire qu'effectivement: « Les films sont devenus la plus grande machine de propagande existante pour faire monter la fièvre guerrière en Amérique ». L’attaque surprise japonaise de Pearl Harbor du 7 décembre 1941 est un tournant dans cette Guerre totale, et conduit par exemple à l’incarcération dans de terribles camps de 110 000 Japonais et nippo-américains, pousse aussi l’art cinématographique fasse sa part du travail: et le gouvernement US encouragera vivement Hollywood à participer à l’effort de guerre. Entre 1939 et 1945, les studios californiens produisent donc125 dessins animés par an.. En 1943, ce sont 65% des cartoons américains qui font ainsi référence à la guerre. Si Mickey est le grand absent de ces films - son comique n'étant sans doute que trop peu en accord avec les faits guerriers - ce n'est pas le cas d'autres personnages, tels Donald Duck (engagé dans 36 de ces films dont « Der fuehrer's face » ) ou Dingo (qui apparaît, lui, dans 13 de ces films de propagande).
  
Mais Disney ne fut pas le seul studio à travailler pour l'effort de Guerre, la Warner Bros.en fit autant et produisit de nombreux courts-métrages . Daffy Duck, Bugs Bunny, furent donc mobilisés et les héros de la Paramount aussi, Popeye comme Superman (en 1942, dans « Japoteur », ou « Jungle Drums », un an plus tard )... .

Arme de persuasion par l’image, le dessin animé doit permettre de caricaturer l'ennemi et alerter les civils, à l'arrière, sur la nécessité de se mobiliser. Avec ces films anti-nazis et anti-japonais il s'agit de faire vibrer la fibre patriotique, de ridiculiser l'adversaire, de forger une représentation propagandiste du bien et du mal au service du politique et du militaire. En 1942, par exemple, les studios sortent "The ducktator" (ci-dessus) dans lequel Adolf Hitler est représenté sous la forme d'un affreux canard... Pourtant, il convient de ne pas exagérer l'impact de ces dessins animés durant ce conflit. D'abord parce que le dessin animé n’est qu’un média parmi d’autres dans cette communication globale des états (radio, affiches, presse, tracts, livres, etc.) , et ensuite parce que ces films n' ont en effet été que peu projetés et souvent dans de mauvaises conditions: diffusés dans les salles de cinéma avant le long métrage, le temps que la salle se remplisse (en lieu et place de nos actuelles publicités).

P.G

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire